mardi 5 février 2008

- (partie 5/5) - les racines de Fresk25, détail du croquis, analyse d'un extrait du tome N°01, régner en enfer


Nous avons fait un aperçu rapide de la structure de Fresk25 dans les quatre articles précédents sur la structure de Fresk25. Descendons maintenant dans les entrailles de la bête, dans le texte lui-même. Pour inaugurer cette nouvelle série de billets de lecture commentée je vais analyser un extrait du tome N°01, régner en enfer. Pour voir d'autres extraits de ce tome et des 24 autres livres cliquez ici, pour acheter un ou plusieurs livres de la série cliquez là.



"Quelle densité d'atrocités ?

L'espèce dépèce. En vaut-elle la peine ?

Va vite, fils,
écrire les enfers qui règnent,
va vite, fils, et reviens-en pour les moissons.

Et tout de suite,
sans tonalité ni divergence:
prenez les armes de la représentation et empêchez-la de se représenter humaine"

Fresk25, tome 1, 'régner en enfer, extraits'
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La première phrase, - quelle densité d'atrocités - est la première phrase de toute la fresque, en admettant que vous commenciez par l'opus N°01, ce qui n'est pas obligatoire. Elle pose l'enjeu du rythme de la fresque, rapide, scandé, conçu en phrases courtes, sonores et rythmées, qui va être un bombardement soigneusement organisé des sens. Fresk25 n'introduit pas, il martèle. Tout de suite est posée la question de la densité d'atrocités, ce que les scénaristes américains appelleraient la "production value", la valeur intrinsèque de chaque scène. Dans Fresk25, chaque phrase vient ciseler une partie de l'équation globale de la rupture de cohérence, l'enjeu global de Fresk25. Ainsi sur chaque couverture de chaque livre est écrit "l'oeuvre achevée ne devra présenter aucun objet préhensible". Cette volonté est tout de suite rappelée dans la phrase "et tout de suite, sans tonalité ni divergence: prenez les armes de la représentation et empêchez-la de se la représenter humaine". Fresk25 vise à déconstruire la représentation humaine. Dans quel but me direz-vous ? Nous y reviendrons longuement dans les années qui viennent, mais pour faire très très court disons que Fresk25, dans son aspect de théorie de l'art, vise à créer une oeuvre qu'on ne puisse se représenter, dont on ne puisse faire le tour, qu'on ne puisse contourner ni digérer. Pourquoi ? Pour bloquer l'intellection humaine et permettre de s'abstraire de la pensée humaine pour penser autre chose. Demain, nous analyserons le reste de cet extrait, notamment la phrase "l'espèce dépèce. En vaut-elle la peine"?

Dernier point, ces 25 tomes de Fresk25 forment la V1 de la fresque, nommée 'croquis sémiologiques'. Ils sont plus une intuition qu'une démonstration, qui viendra dans la V2, études scientifiques, après la venue de la V1.5 cette année, sous forme de 25 romans sur les mêmes thèmes. Ne soyez donc pas rebutés par l'apparente abstraction de Fresk25, c'est une oeuvre dont la complexité va en décroissant à mesure qu'on y plonge. A demain

2 commentaires:

obrien a dit…

L'extrait laisse apparaître une mise en page inhabituelle. Y a t-il une logique à découvrir?
Puis-je REGARDER chaque page de l'oeuvre et ressentir quelque chose? (j'écris bien regarder et non lire)

Sukoï a dit…

Cher Ob', en effet la mise en page de chaque paragraphe est porteuse de sens. On peut en effet REGARDER chaque page un peu comme on regarderait les partitions trouées d'un orgue de barbarie. La notion de rythmique des phrases compte beaucoup dans l'oeuvre. Il y a en effet une logique à découvrir derrière la répartition des phrases et des grands ensembles de paragraphes...